Certains reportages se préparent en quelques jours. D’autres commencent par un simple hasard. Celui-ci aura demandé près de deux ans avant de voir le jour.

Une silhouette impossible à oublier
Début de l’été 2009. Fraîchement affecté à Saint-Quentin pour mon travail, je découvre une nouvelle ville et un nouveau trajet quotidien. Rien ne laisse présager qu’un simple détour sur la route du retour donnera naissance à l’un des shootings qui m’a le plus marqué.
Au détour d’une rue d’une petite commune de l’Aisne, mon regard s’arrête instantanément sur une silhouette inhabituelle. Garé devant une entreprise de menuiserie, un Volkswagen Scirocco attire toute l’attention. Mais pas n’importe lequel.
Sa teinte Viper Green illumine littéralement le paysage.
À cette époque, le Scirocco est encore rare sur les routes françaises. Dans cette configuration, il devient presque unique. Je m’arrête quelques minutes, immortalise la scène avec mon téléphone et mémorise soigneusement l’endroit, avec une idée en tête : revenir un jour pour réaliser un véritable shooting photo.
Malheureusement, les semaines passent, les vacances d’été arrivent, puis ma mission à Saint-Quentin s’achève. L’occasion semble définitivement envolée.
Un an plus tard, le hasard fait bien les choses
Mai 2010.
De retour dans la région pour quelques jours, je décide de refaire un détour par cette même rue.
Il est toujours là.
Mieux encore.
Le Scirocco a évolué : suspension rabaissée, nouvelles jantes, ligne d’échappement complète… Le coupé allemand a gagné en caractère.
Quelques photos plus tard, une idée me vient : retrouver son propriétaire.
Une recherche sur un forum dédié au Volkswagen Scirocco suffit à lever le doute. Un membre présente justement un Scirocco TSI Viper Green basé à Saint-Quentin.
Je prends contact.
La réponse est immédiate et enthousiaste.
Le shooting n’est plus qu’une question de calendrier.
Quand un projet en remplace un autre
Le temps passe pourtant une nouvelle fois.
Les contraintes professionnelles repoussent le rendez-vous, jusqu’à ce que l’année 2010 touche à sa fin.
En janvier 2011, je retourne sur le forum.
Le TSI a disparu.
À sa place, un message annonce la commande d’un Scirocco R, toujours dans cette incroyable teinte Viper Green.
Le projet prend soudain une toute autre dimension.
Quelques échanges plus tard, le propriétaire me promet de me contacter dès la livraison du véhicule.
Promesse tenue.
Quelques semaines après la réception de son nouveau Scirocco R, nous fixons enfin une date.
Le jour du shooting :
Jeudi 3 Mars 2011. Le soleil est enfin de la partie.
La veille au soir, Google Earth est devenu mon meilleur allié pour repérer plusieurs lieux capables de mettre en valeur les lignes tendues du coupé allemand.
Le reste appartient aux images.













Plus qu’un simple coupé sportif
Au-delà du design, cette rencontre est aussi l’occasion de découvrir le Scirocco R dans ses moindres détails.
La première sensation vient naturellement de la sonorité. La ligne d’échappement libère une voix grave et métallique qui accompagne parfaitement le tempérament de l’auto sans jamais tomber dans l’excès.
Puis vient la boîte DSG à six rapports, dont la rapidité et la douceur impressionnent immédiatement. Les changements de vitesse sont quasiment imperceptibles et permettent de profiter pleinement des performances du deux litres turbo.
Les sièges baquets offrent un excellent maintien, tout en restant suffisamment confortables pour un usage quotidien. Le propriétaire regrette seulement un accès un peu moins pratique aux places arrière.
Autre élément marquant : le DCC (Dynamic Chassis Control). Ses trois modes transforment réellement le comportement de la voiture. Confortable pour les longs trajets, équilibré en utilisation normale ou nettement plus ferme en mode Sport, le Scirocco adapte sa personnalité à l’envie du conducteur.
À bord, le système de navigation RNS 510 séduit par son ergonomie, tandis que l’installation audio Dynaudio laisse une impression plus mitigée. Une option agréable, sans constituer une révolution face au système d’origine.
Un équilibre devenu rare
Plus de quinze ans après sa commercialisation, ce Scirocco R conserve une personnalité bien à lui.
Ni véritable GT, ni radicale sportive, il réussit à proposer un équilibre que l’on retrouve de moins en moins aujourd’hui : suffisamment performant pour procurer de vraies sensations, mais assez confortable pour être utilisé tous les jours.
Et surtout, il possède ce supplément d’âme que les chiffres ne racontent pas.
Celui qui pousse un photographe à faire demi-tour simplement parce qu’une couleur aperçue au bord de la route refuse de quitter son esprit.
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