À Chantilly, les automobiles ne sont jamais seules. Elles prennent place au milieu des jardins, du château, de la mode et d’un certain art de vivre à la française. Plus qu’un concours automobile, Chantilly Arts & Élégance imagine à chaque édition un dimanche où l’histoire de l’automobile rencontre le patrimoine et l’élégance.
Avant que les grilles ne s’ouvrent
À Chantilly, le spectacle ne se résume pas aux automobiles alignées sur les pelouses du domaine. Depuis sa création en 2014, Chantilly Arts & Elegance Richard Mille cherche à faire revivre l’esprit des concours d’élégance français en réunissant automobiles de collection, créations contemporaines, mode et art de vivre.
L’organisateur présente le rendez-vous comme un « dimanche familial à la campagne » et comme une promenade dans un musée à ciel ouvert, rare et éphémère. Le Concours d’État rassemble des automobiles sélectionnées notamment pour leur rareté, leur histoire et leur état de conservation, tandis que le Concours d’Élégance fait dialoguer les créations automobiles contemporaines avec la mode.
Mais derrière les images parfaitement composées que l’on associe à Chantilly, il existe une autre réalité : celle du visiteur, du passionné et du photographe qui tente de saisir quelques instants au milieu d’un événement devenu majeur.

2022 : la découverte
Ma première expérience à Chantilly Arts & Elegance reste avant tout celle de la découverte. L’édition 2022, organisée le 25 septembre après trois années d’interruption, avait réuni une richesse automobile considérable. L’organisation évoquait alors 40 clubs et environ 700 voitures, auxquelles s’ajoutaient les automobiles des concours et les concept-cars.
Mais les chiffres ne racontent pas vraiment ce que l’on ressent lorsque l’on découvre Chantilly pour la première fois.
Ma première impression en arrivant c’est l’ampleur de l’évènement. Le parc du château de Chantilly est immense, et les jardins sont remplis de modèles exposés. La foule comble les allées et il est compliqué de se frayer un chemin, surtout dans les plus belles autos.
Certaines automobiles restent particulièrement présentes dans mes souvenirs : la DeTomaso P72, la Bugatti Mistral et la collection de Pagani. Elles témoignaient, chacune à leur manière, de la diversité du plateau et de la capacité de Chantilly à réunir des univers automobiles très différents.

La météo, elle aussi, a participé à cette première expérience. Les averses ont parfois compliqué les conditions, mais elles ont aussi créé de magnifiques opportunités photographiques. Les gouttes d’eau déposées sur les carrosseries rutilantes accentuaient les volumes, les reflets et les lignes des automobiles.

Et puis il y a eu un moment qui a dépassé la simple contemplation visuelle : le démarrage de la Peugeot 905 des 24 Heures du Mans.
Au moment où je me trouvais à côté de cette icône du sport auto des années 90, je venais de voir le tournage de Direct Auto avec Gregory Galiffi. J’étais concentré à filmer cette scène lorsque la voiture a démarré. Autant vous dire que je n’étais pas près et que j’ai sursauté !
Dans un événement où tant d’automobiles sont présentées comme des pièces de collection, ce genre d’instant rappelle brutalement qu’elles sont aussi des machines. Le bruit, la vibration et la mécanique rendent soudain leur histoire beaucoup plus concrète.
J’ai également croisé d’autres personnalités du monde automobile, dont Gilles Vidal ou François Allain. Ces rencontres participaient à cette impression de rendez-vous où se croisent de nombreux univers de la passion automobile.

Au terme de cette première découverte, une chose était déjà claire : j’avais envie de revenir. Plus qu’une rencontre, un moment ou une voiture en particulier, c’est finalement la passion automobile dans son ensemble qui m’avait donné envie de retrouver Chantilly.
2024 : revenir avec un autre regard
Deux ans plus tard, Chantilly avait encore changé d’échelle. L’édition 2024 a connu une affluence record : Bugatti évoquait 28 000 visiteurs et plus de 800 véhicules d’exception, tandis que la presse spécialisée rapportait plus de 1 000 voitures présentes sur l’ensemble du rendez-vous.
L’événement débordait également du seul concours. Autour du site, des passionnés étaient eux aussi venus avec des automobiles de prestige, donnant au rendez-vous une dimension qui dépassait largement les seules pelouses du concours.

À l’intérieur du concours, l’édition 2024 proposait un contraste particulièrement fort entre patrimoine et création contemporaine. La Bugatti Tourbillon y a effectué sa première apparition publique en France et a remporté le Prix du Public. Face à elle, des automobiles historiques comme la Ferrari 250 GTO ou la Mercedes-Benz 300 SL rappelaient la profondeur du patrimoine automobile réuni à Chantilly. L’Alfa Romeo 33 Stradale et d’autres créations contemporaines participaient au même dialogue entre passé et avenir.

Mais mon regard de photographe avait lui aussi évolué. Je connaissais désormais l’événement. Et paradoxalement, cette deuxième expérience m’a peut-être laissé moins d’émerveillement que la première.
La foule rendait en effet la photographie particulièrement difficile. Trouver un angle dégagé, attendre quelques secondes sans qu’une personne traverse le cadre, composer une image sans visiteur parasite : chaque photographie pouvait devenir un petit exercice de patience.
Derrière chaque photographie
C’est peut-être l’un des aspects les moins visibles de Chantilly. Les images que l’on retient montrent généralement des automobiles parfaitement placées, des carrosseries impeccables et un décor exceptionnel. Elles donnent parfois l’impression que les photographies se font naturellement.
Pourtant, derrière une image propre, il y a souvent un déplacement, une attente, un changement d’angle ou plusieurs tentatives. Dans un événement aussi fréquenté, le photographe doit composer avec le mouvement permanent du public.

Deux éditions, une même passion
Entre 2022 et 2024, mon regard sur Chantilly a donc changé. La première fois, j’ai découvert un événement qui m’a impressionné par son échelle, sa diversité et la richesse des automobiles réunies dans un cadre exceptionnel. La seconde, j’ai davantage mesuré la popularité du rendez-vous et les difficultés qu’elle pouvait représenter pour celui qui veut simplement prendre le temps de photographier.
Pourtant, l’essentiel n’a pas changé : l’envie de regarder les voitures, de comprendre leur histoire et de les photographier est restée intacte.
C’est peut-être là que réside une partie de la singularité de Chantilly. On peut y venir pour une automobile précise et repartir marqué par une autre. Venir pour les voitures anciennes et se retrouver captivé par une création contemporaine. Chercher une image et finalement garder en mémoire un son.
Malheureusement je n’ai pas pu participer à l’édition 2026 qui a notamment vu une concentration de Ferrari F40 et de Bugatti impressionnante. Je ferai tout mon possible pour être là-bas ne 2028 !
Place à la galerie photos



















Laisser un commentaire